L’alcool au volant : le risque que l’on prend
Les effets de l’alcool
On retrouve l’alcool dans différentes boissons telles que la bière, le vin ou les spiritueux. Il est désigné par les spécialistes sous le nom d’alcool éthylique ou éthanol (C2H5OH). Ses effets sont souvent contradictoires, et dépendent de la quantité ingurgitée. Il peut agir comme un excitant ou comme un tranquillisant. La médecine lui a longtemps attribué des propriétés curatives, abaissant la fièvre ou comme puissant anesthésiant. Si la consommation occasionnelle d’alcool et en quantité modérée, n’a pas d’effets à long terme, l’abus de consommation est dangereux pour le corps et pour l’esprit. 10% de la population à des problèmes de dépendance à l’alcool. Les conséquences de cette situation dramatique peuvent être fatales pour le consommateur et pour son entourage. Les pouvoirs publics considèrent l’alcoolisme comme l’une des dépendances les plus dangereuses pour l’homme et ils réalisent régulièrement des campagnes d’information, dénonçant la consommation de l’alcool au volant.
L’alcool que l’on avale, part directement de l’estomac à l’intestin et il est immédiatement distribué dans tout le corps, avant de revenir dans le foie où il sera traité jusqu’à son évacuation totale. On estime que le foie a besoin d’une heure, pour éliminer la quantité contenue dans un verre de vin. L’ivresse est un état que l’on atteint, quand on consomme plus d’alcool que le foie ne peut en éliminer. Malgré ce que l’on peut entendre, aucun aliment ne peut effacer les traces de l’alcool : ni le café salé, ni les grandes cuillères d’huile.
Lorsque l’on consomme un verre d’alcool, on ressent un premier effet apaisant qui étourdie légèrement. Le rythme cardiaque s’accélère, mais plus on boit, plus le rythme cardiaque va se ralentir. Les effets sur le cerveau se font alors noter. La vision se trouble et devient sensible à la luminosité, le champ visuel se rétrécie et l’évaluation des distances est faussée. La coordination des mouvements est de plus en plus difficile, les réflexes deviennent plus lents. La Sécurité Routière estime qu’au-delà de 0.5 gramme de litre par sang, le temps de réaction est augmenté de 50%. L’alcool ayant un effet euphorisant, il provoque chez le consommateur un sentiment d’invulnérabilité, qui le pousse à prendre des risques inhabituels, qu’il refuserait en temps normal.
Les contrôles de la consommation d’alcool au volant
La loi a réglementé la consommation de l’alcool au volant (Article R.234-1
du Code de la Route). Il est interdit de conduire son véhicule si l’on dépasse 0.5 gramme d’alcool par litre de sang (équivalant à 0.25 gramme d’alcool par litre expiré). On considère que cette quantité correspond à deux verres d’alcool. Il faudrait en théorie attendre au moins une heure avant de conduire un véhicule et réduire ainsi le taux d’alcoolémie contenu dans le corps.
Les forces de l’ordre pratique des dépistages dès qu’il y a un accident ayant occasionné un dommage corporel (même si le conducteur n’est pas responsable) ou dans le cas d’une infraction au code de la route. Ils mettent régulièrement en place des contrôles auprès des automobilistes et des accompagnateurs d’élèves conducteurs. Ils utilisent un appareil simple, l’éthylotest, qui mesure le taux d’alcoolémie dans l’air expiré. Si le conducteur est proche ou dépasse le seuil minimum toléré ou bien s’il refuse de procéder au dépistage, les policiers demanderont un contrôle d’alcoolémie. La vérification peut se pratiquer de deux façons : par une prise de sang et des examens médicaux ou bien en utilisant un appareil homologué, l’éthylomètre. La loi prévoit une marge d’erreur d’environ 10% pour ces appareils (article 3 du décret 85-1519 du 31 décembre 1985). Si l’automobiliste refuse de se soumettre au contrôle sanguin ou à celui de l’éthylomètre, il encourt la peine maximum (sauf s’il peut établir des raisons médicales).
L’alcool au volant : sanctions et conséquences encourues
La loi punit sévèrement la consommation d’alcool au volant. Si le taux est
compris entre 0.5 et 0.8 gramme par litre de sang, une amende forfaitaire de 135 € et le retrait de 6 points du permis de conduire peuvent être appliqués. En cas de comparution devant le Tribunal, la sanction peut aller jusqu’à la suspension du permis de conduire. Si le taux d’alcool est supérieur à 0.8 gramme par litre de sang, la loi prévoit une peine d’emprisonnement de deux ans et 4.500€ d’amende. Ce délit implique la perte de 6 points du permis de conduire. Si la consommation d’alcool à un taux anormalement élevé, s’accompagne de consommation de stupéfiant, le risque encouru est de 3 ans d’emprisonnement et 9.000€ d’amende. Dans le cas d’un accident ayant occasionné des blessures à autrui, l’automobiliste qui avait consommé de l’alcool au volant peut être sanctionné d’une amende allant jusqu’à 30.000 € et il est passible de 10 ans de prison. Dans le cas où il provoque la mort d’un usager de la route, l’amende peut atteindre 150.000€.
Un automobiliste qui est responsable d’un accident et dont le taux d’alcool au volant est supérieur au minimum légal, risque aussi de ne pas être couvert par son assurance et perdre toute indemnité de soutien. S’il est blessé, il perd son droit à la garantie d’invalidité et à celle des indemnités journalières. L’assurance dommage recours ne s’appliquera pas et les réparations que son véhicule nécessite ne seront pas remboursées. Son assureur pourra décider de majorer jusqu’à 150% sa cotisation d’assurance. Dans le cas d’un délit de fuite ou de suspension de permis, il pourra l’augmenter de 400%. L’assureur peut aussi prendre la décision de résilier le contrat, en informant son client par une lettre de préavis et dans le respect du contrat qui les liait.
On le voit, les dangers de l’alcool au volant sont souvent dramatiques et fortement sanctionnés par la loi. Les études de la Sécurité Routière établissent que 34 % des décès en France sont liés à l’alcool. Le week-end, le taux s’établit à un mort sur deux.
